Le plan de financement initial est le premier document financier prévisionnel à établir.

Il doit dresser la liste des dépenses nécessaires au démarrage de l’entreprise et des moyens financiers mis en place.

En effet, pour démarrer votre activitée, vous allez avoir certains « besoins » :

  • un fonds de commerce à acheter,
  • un droit au bail, une caution à verser,
  • des investissements en matériel à réaliser,
  • des stocks de matières premières à constituer.

L’évaluation précise et exhaustive de ces besoins constitue la première étape dans l’établissement du plan de financement.

Lorsque cette étape est terminée, il vous faut réfléchir aux « ressources » dont vous disposez, pour financer ces besoins :

  • des fonds propres,
  • des fonds apportés par des associés,
  • une subvention,
  • un crédit fournisseurs.

Le rapprochement entre :

  • la totalité des besoins inhérents au lancement du projet
  • les ressources que vous pourrez mettre en place

peut faire apparaitre un besoin de financement externe comme l’emprunt bancaire qui sera chiffré et matérialisé, dans le plan de financement.

Présentation du plan de financement

Elle synthétise la réponse aux deux questions suivantes :

  • De quoi ai-je besoin pour démarrer mon activité dans de bonnes conditions ?
  • Comment vais-je le financer ?

Voici quelques exemples pour vous aider dans votre réflexion.

Besoins Ressources
  • Matériel
  • Véhicule
  • Aménagements
  • Fonds de commerce
  • Droit au bail, caution
  • Stocks
  • Trésorerie de départ
  • Apports personnels
  • Apports des associés
  • Subventions, aides
  • Crédit fournisseurs
  • Emprunt à demander

Les besoins permanents

L’ensemble des dépenses, permettant à l’entreprise, de démarrer son activité, constituent les besoins permanents du plan de financement.

Ils comprennent :

Les frais d’établissement

Il s’agit des frais à prévoir pour constituer l’entreprise (honoraires d’avocat ou de notaire, frais d’immatriculation…).

Les investissements

Ils permettent à l’entreprise d’exercer son activité et se décomposent, en fonction de leur nature, en investissements :

  • « incorporels » : licences, droit au bail, fonds de commerce.
  • « corporels » : véhicules, matériel, outillage, aménagements du local.
  • « financiers » : caution versée pour le local de l’entreprise.

Attention !

  • Tous les besoins soumis à la TVA et notamment les investissements, doivent figurer en valeur T.T.C dans le plan de financement.
  • Les investissements correspondent comptablement aux immobilisations que vous retrouverez dans votre premier bilan.
  • Lorsque vous établirez votre business plan, n'oubliez pas de joindre en annexe les devis ayant permis le chiffrage des besoins, pour justifier les éléments retenus.

Le Besoin en Fonds de Roulement ou BFR

Il représente la trésorerie nécessaire au démarrage de l’entreprise, pour financer le décalage de réglement, entre les recettes et les dépenses, relatives à l’activité.

Plus l’activité nécessite un stock important et l’octroi de délais de règlement aux clients, plus le BFR sera élevé.

Un BFR :

  • sous-estimé en début d’activité,
  • mal ou pas financé,

entrainera obligatoirement des problèmes de trésorerie à court terme.

Les ressources durables

Tous les « moyens de financement », que vous allez mettre en place, pour démarrer votre activité, constituent les ressources durables du plan de financement.

Elles comprennent :

Les ressources propres

Il s’agit des fonds que vous ou vos associés, si vous démarrez en société, pourrez
apporter à l’entreprise.

Ces apports vous permettront de constituer, dans la majorité des cas, le capital de votre nouvelle structure, mais ils peuvent, également être affectés en « comptes courants d’associés ».

Pour en savoir plus : Atelier juridique

Les ressources externes

Elles regroupent :

  • les aides ou subventions, accordées par les collectivités locales,
  • le crédit fournisseurs, notamment pour financer le stock de départ,
  • les emprunts bancaires,
  • les prêts à taux zéro (Prêts d’honneur, NACRE ….).

Les dispositifs d’aides à la création d’entreprise

De nombreux dispositifs ont été mis en place, ces dernières années, pour soutenir la création d’entreprise.

Quelles soient nationales ou territoriales, ces mesures sont constituées principalement par :

  • des subventions ou des aides non remboursables,
  • des prêts à taux zéro ou à taux « bonifiés » ,
  • des allègements de charges fiscales et sociales,

dont les caractéristiques dépendent du public concerné.

Les dispositifs réservés aux demandeurs d’emploi et autre public en difficulté

L’Aide aux Chômeurs Créateurs et Repreneurs d’Entreprises (ACCRE)

Il s’agit d’une exonération partielle des cotisations personnelles du dirigeant accordée :

  • pour les douze premiers mois d’activité
  • dans la limite d’un revenu annuel ne dépassant pas 120 % du SMIC, soit
    20.988 € en 2015.

Pour en savoir plus : Aides sociales

L’Aide à la Reprise et à la Création d’Entreprise (ARCE)

Les bénéficiaires de l’allocation d’Aide au Retour à l’Emploi (ARE), ayant obtenue l’ACCRE, peuvent bénéficier de l’ARCE, versée par le Pôle Emploi, qui n’est pas cumulable avec le maintien des allocations chômage.

L’aide est versée en deux fois :

  • 50%, lors de l’immatriculation de l’entreprise
  • le solde, six mois aprés la date de création.

 

Le parcours NACRE ou Nouvel Accompagnement pour la Création et la Reprise d’Entreprise

Il s’agit d’un dispositif qui comprend :

  •  Un accompagnement individualisé avant et après la création de l’entreprise, depuis le montage du projet jusqu’à son suivi, sur une durée pouvant aller jusqu’à trois ans.
  • Un prêt à taux zéro, compris entre 1.000 et 10.000 €, accordé, sans garantie, ni caution personnelle, sur cinq ans au maximum.
    Ce prêt doit obligatoirement être adossé à un prêt bancaire, dont le montant et la durée ne peuvent pas être inférieurs à ceux du prêt NACRE.

Seuls des organismes conventionnés par l’Etat et la Caisse des Dépôts et Consignations, pourront vous accompagner dans le cadre du NACRE.

Vous pourrez, néanmoins, choisir celui qui vous suivra, avec lequel un « contrat » sera signé, afin d’organiser le parcours d’aide et définir les engagements de chacune des parties.

L’Aide à la création et à la reprise d’entreprise par un demandeur d’emploi handicapé

Elle consiste en une subvention de 6.000 € maximum, versée par l’AGEFIPH sous trois conditions :

  • l’apport personnel du demandeur doit être au moins de 1.500 €,
  • celui-ci s’engage à suivre une formation en gestion de 250 heures,
  • il doit avoir le contrôle effectif de l’entreprise crée ou reprise.

 

Les dispositifs en faveur de tout public

Même si les demandeurs d’emplois bénéficient d’aides supplémentaires à la création d’entreprise, ils ne sont pas les seuls. Il existe deux aides dont tout porteur de projet peut bénéficier.

Le prêt à la création d’entreprise (PCE)

Depuis 2015, le PCE est supprimé et remplacé par un nouveau dispositif de garanties, porté par la Banque Publique d’Investissement BPI France, qui garantit les prêts accordés par les banques, aux entreprises de moins de 3 ans.

Sous conditions, ce dispositif peut aller jusqu’à 200.000 € et la garantie accordée par BPI France, atteindre 70 %.

 

Le prêt d’honneur

L’objectif du prêt d’honneur est double :

  •  aider les créateurs d’entreprises dont les apports personnels sont insuffisants,
  •  faciliter l’obtention d’un financement bancaire, nécessaire au démarrage de l’activité.

Selon l’organisme prêteur, les conditions et les modalités pour obtenir un prêt d’honneur sont différentes.

Certains vont aider les projets en milieu rural, à vocation sociale, ou à contenu technologique. D’autres vont, spécifiquement, privilégier la réinsertion professionnelle.

Ces organismes font partie des réseaux d’aide et d’accompagnement à la création d’entreprise comme :

Le montant du prêt, d’une durée comprise entre 3 et 6 ans, dépend de l’organisme concerné et peut osciller entre 2.000 et 50.000 €.
Il s’agit d’un prêt personnel à taux zéro, consenti sans garantie, ni caution personnelle.

Les porteurs de projets sont habituellement sélectionnés sur dossier, avant présentation orale de leur projet, devant un jury d’experts.