Lorsque l’évaluation des besoins et des ressources nécessaires au lancement du projet sont terminées, vous devez en contrôler la rentabilité.

Le compte de résultat prévisionnel, qui récapitule l’ensembles des charges engendrées par l’activité ainsi que le chiffre d’affaires prévisionnel, permet de s’en assurer.

A établir pour les trois premières années d’activité, ce deuxième document financier a pour objectif de vérifier que :

  • l’activité dégagera du bénéfice,
  • la rentabilité est suffisante pour permettre le remboursement des capitaux empruntés, s’il y a eu recours à des financements externes,
  • le dirigeant peut se rémunérer conformément à ses attentes.

Attention !

  • Soyez vigilants en retenant des éléments réalistes étayés par des devis ou des factures pro-forma. L'objectif est avant tout de réaliser un dossier prévisionnel le plus proche de la réalité.
  • Tous les éléments à retenir dans un compte de résultat prévisionnel doivent être en valeur H.T puisque la TVA fait l'objet d'un calcul séparé, sans impact sur le bénéfice de l'entreprise.

Pour en savoir plus : TVA et autres impôts

Comment évaluer son chiffre d’affaires prévisionnel ?

La détermination du chiffre d’affaires prévisionnel représente la grande difficulté, dans l’établissement du compte de résultat prévisionnel.

Néanmoins, cette évaluation est incontournable puisqu’elle conditionne la faisabilité du projet. Aussi, le chiffre d’affaires doit être calculé le plus précisément possible et a dû faire l’objet d’une estimation préalable, dans le cadre de l’étude de marché.

Pour en savoir plus : L’étude de marché

Plus le chiffre d’affaires sera détaillé (par activité, en volume, en prix), plus les partenaires financiers, susceptibles d’accompagner l’entreprise, seront convaincus de sa fiabilité.

Quelles sont les charges prévisionnelles à retenir ?

Variées, elles dépendent de facteurs inhérents au projet comme,
par exemple :

  • La nature de l’activité
    Un prestataire de services aura moins de charges qu’un fabricant.
  • Le lieu d’implantation de l’entreprise
    Si un local commercial est indispensable, il ne faudra pas sous-estimer les dépenses le concernant (loyers, charges locatives, dépenses d’entretien…).
  • Les investissements prévus dans le plan de financement
    Il faudra calculer l’amortissement des biens acquis en pleine propriété.
  • La taille du projet
    S’il nécessite d’emblée du personnel, vous devrez en évaluer l’effectif ainsi que le coût.

 

La liste des charges peut, ainsi, se résumer en six grandes catégories :

Les achats de matières premières ou de marchandises

Les matières premières sont transformées par l’entreprise ; les marchandises sont revendues en l’état. Leur montant dépend totalement de chaque activité.

Votre expérience professionnelle ainsi que des normes sectorielles peuvent vous aider à chiffrer ce poste.

Les charges externes

Elles représentent les frais généraux » sans lesquels l’entreprise ne peut pas fonctionner comme les loyers, les assurances, la publicité ou le téléphone.

Les impôts et taxes

Ce sont les charges « fiscales » qui incombent aux entreprises comme la taxe foncière pour un local commercial ou la Contribution Economique Territoriale (C.E.T) qui a remplacé la taxe professionnelle, depuis le 1er janvier 2010.

Attention !

L'impôt sur le bénéfice, dont le calcul dépend de la forme juridique que vous adopterez, n'est pas pris en compte, à ce niveau là.

Pour en savoir plus : L’imposition du bénéfice

 

Les charges de personnel

Elles doivent prendre en compte l’intégralité des dépenses inhérentes :

  • au dirigeant, en fonction du statut que vous aurez choisi, assimilé-salarié ou Travailleur Non Salarié (TNS)
  • aux salariés faisant partie de l’effectif de l’entreprise.

Pour en savoir plus : Le statut social du dirigeant

Les dotations aux amortissements

Les investissements prévus dans le plan de financement ne peuvent pas être déduits en totalité ; seule une partie de ces immobilisations le sera : c’est le principe de l’amortissement.

Pour en savoir plus : Atelier financier : Comment établir son compte de résultat ?

Les charges financières

Elles comprennent principalement les intérêts d’emprunt.

Présentation du compte de résultat prévisionnel

Il récapitule :

  • l’intégralité des charges budgétées, regroupées par nature,
  • toutes les « recettes » prévisionnelles dont le chiffre d’affaires est le principal élément, appelées comptablement les « produits ».

Compte de résultat prévisionnel

Charges Produits
  • Achats
  • Charges externes
  • Impôt et taxes
  • Charges de personnel
  • Amortissements
  • Charges financières
  • Chiffre d’affaires
  • Subventions
  • Aides
  • Autre produits
Bénéfice de l’entreprise

Seuil de rentabilité et point-mort ?

Calculer le bénéfice prévisionnel annuel ne suffit pas. Il est important de déterminer, en parallèle, à partir de quel niveau de chiffre d’affaires, l’intégralité des charges de l’entreprise seront couvertes.

En effet, tant que ce niveau d’activité n’est pas atteint, vous ne pourrez pas réaliser de bénéfice. Ce chiffre d’affaires spécifique qui permet à l’entreprise d’atteindre l’équilibre, constitue le seuil de rentabilité, appelé également « chiffre d’affaires critique ».

C’est un indicateur fondamental pour la gestion de l’entreprise puisqu’il devient l’objectif à atteindre, pour être certain de ne pas réaliser une perte.

Le point mort correspond à la date, généralement exprimée en mois, à laquelle le seuil de rentabilité sera atteint.
Plus le point-mort est tardif, plus le risque de ne pas atteindre le seuil de rentabilité sera élevé.

Seuil de rentabilité et point-mort sont deux éléments, qu’en tant que chef d’entreprise, vous ne pouvez prendre le risque de négliger.

Pour en savoir plus : Atelier financier : Comment calculer son seuil de rentabilité ?

Evaluer sa capacité d’autofinancement ?

La capacité d’autofinancement permet de vérifier la capacité de l’entreprise à dégager suffisamment de trésorerie pour faire face à ses besoins de financement. En effet, elle peut servir à :

  • renforcer le fonds de roulement,
  • financer de nouveaux investissements,
  • rembourser les capitaux empruntés,
  • verser des dividendes aux associés ou tout autre type de rémunération qui n’ait pas été déjà retenue dans les charges, comme le prélèvement de l’entrepreneur individuel.

C’est l’indicateur « préféré » des organismes financeurs qui vérifient ainsi votre capacité à rembourser, les fonds qu’ils vous ont prêtés.

Pour en savoir plus : Atelier financier : Comment calculer sa capacité d’autofinancement ?